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 L'Entreprise des Indes (Erik Orsenna)

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MessageSujet: L'Entreprise des Indes (Erik Orsenna)   Lun 30 Aoû - 0:13

♣ L'Entreprise des Indes ♣

Titre original /
Auteur Erik Orsenna (de l'Académie française).
Erik Orsenna, de l’Académie française, a obtenu le prix Goncourt pour L’Exposition coloniale (Seuil, 1988), il est l’auteur de Longtemps (Fayard, 1998), Madame Bâ (Stock, 2002) et plus récemment de Voyage au pays du coton (Fayard, 2007), La Chanson de Charles Quint (Stock, 2008), L’avenir de l’eau (Fayard, 2008) et Et si on dansait ?, quatrième et dernier volume consacré à la grammaire.
Traducteur /
Date de parution Eté 2010.
Edition Stock/Fayard.
Nombre de pages 386


Résumé
« Le 13 août 1476, au large du Portugal, le bateau que commande Christophe Colomb fait naufrage.
Le futur amiral vient d’avoir vingt-cinq ans. Par miracle, il réussit à regagner la côte et trouve refuge à Lisbonne auprès de son frère cadet, Bartolomé. Lequel exerce la profession de cartographe.
Depuis le début de ce xve siècle, le monde s’ouvre. Et le Portugal est le moteur principal de cette ouverture. La Renaissance commence par des expéditions lointaines. Sous l’impulsion d’Henri le navigateur, des caravelles partent chaque mois pour aller explorer les côtes de l’Afrique. À Lisbonne, capitale du savoir, se retrouvent toutes les corporations de la découverte : mathématiciens savants du ciel, cosmographes, géographes, constructeurs de bateaux et des outils de navigation… cartographes.
Huit années durant, les deux frères vont travailler ensemble et préparer le voyage auquel Christophe songe depuis l’adolescence : c’est l’Entreprise des Indes, gagner Cipango (le Japon) et l’empire du Grand Khan (la Chine). Mais au lieu de la route habituelle, celle de la soie, vers l’est, on affrontera l’océan, plein ouest.
En 1484, leur projet sera rejeté par le Comité des Sages qui conseille le Roi Jean II. C’est la raison pour laquelle Christophe ira tenter sa chance auprès des monarques espagnols, Isabelle et Ferdinand.
Un maître cartographe, un rhinocéros, un fabricant de veuves, une maîtresse d’école pour les oiseaux, une bécassine, une prostituée réputée principalement pour la qualité de ses oreilles, Marco Polo, quelques Dominicains, des chiens dévoreurs d’Indiens, tels sont quelques-uns des personnages secondaires de ce récit.

J’ai voulu m’attacher à cette période peu connue de l’histoire de la curiosité humaine. Ce moment où naît une nouvelle liberté en même temps que se développe l’Inquisition et que les Juifs sont chassés. Ces années où se conçoit peu à peu l’unité de la planète, préalable à la première mondialisation, qui ne va plus tarder.
Pour ce faire, j’ai osé donner la parole au jeune frère, Bartolomé. C’est lui qui parle, c’est lui qui raconte : il est complice, et premier témoin de l’Entreprise depuis ses tout débuts. C’est aussi lui qui s’interroge : pourquoi, et comment, cette belle passion de la Découverte s’est-elle changée en génocide des Indiens ? À quoi sert de découvrir si l’on tue ce et ceux que l’on découvre ? »
Erik Orsenna

Ils ont dit dans ce livre
Île d'Hispañola,
Ville de Santo Domingo,
Palais du Vice-Roi des Indes,
Noël 1511

Il n'était pas prévu que je raconte.
Dans notre famille, c'est le frère aîné qui rêve. Et ce rêve devient sacré. De gré ou de force, Christophe nous a tous embarqués.
À chacun de nous il avait assigné un rôle.
Le mien était de l'aider, jour et nuit.
Et de me taire.
Je n'ai jamais eu l'idée de protester. À quoi sert de refuser la loi quand la loi est le coeur de vous-même ?
De cet acquiescement bien m'a pris : c'est ainsi que le rêve s'est accompli.
Dans la ville toute neuve de Santo Domingo, le palais de PAlcazar voudrait rappeler Séville. Mais ce n'est qu'un gros bloc de pierres grises posé sur le bord de la petite rivière Ozama. Avancez-vous sans crainte et franchissez la porte. Peu de chances que les gardes vous importunent : ils dorment la plupart du temps et leurs ronflements prouvent qu'ils s'adonnent sans réserve à la noble activité du sommeil. Tournez à gauche et traversez deux chapelles, l'une grande, l'autre petite. Toujours à main gauche, poussez une porte. Vous croirez pénétrer dans un tombeau tant la pièce est vide et dépourvue de lumière. Telle est la demeure prestigieuse et sinistre que le Vice-Roi m'a réservée. Le Vice-Roi est Diego, mon neveu : le seul fils légitime de Christophe.
(Pages 11/12)


Colomb accueilli par des Indiens à Haïti

Critique :

Votre avis
Ne vous attendez pas à trouver ici un récit des découvertes. D'ailleurs, si on parle beaucoup de voyages dans ce roman, nous n'assistons à aucun des voyages des héros. Non, Erik Orsenna s'est intéressé aux évènements antérieurs aux voyages de Christophe Colomb en Amérique. En donnant la parole au frère cadet de Christophe, Bartolomé, personnage à qu'il n'a pas réellement réussi à donner une épaisseur (un comble !) tant Bartolomé vit dans l'ombre de son frère, l'auteur a voulu retracer la naissance du rêve de Christophe, ce qu'il appelait son "entreprise", c'est-à-dire parvenir aux Indes par la route de l'Ouest. Si quelques passages sont réellement inspirés et fascinants (pourquoi n'a-t-il donc pas insisté sur la vie à Hispañola ? Pourquoi ne pas voir développé le passage où Bartolomé, gouverneur de l'île, fait preuve d'une insoutenable cruauté ?), la plupart des anecdotes sont peu intéressantes pour le propos. On ne construit pas un romain avec des anecdotes aussi sympathiques soient-elles. En conséquence, c'est un roman léger, sans souffle avec des remarques que j'ai trouvées inutilement poncives. Les personnages auraient mérité des développements. Et le propos initial du livre "pourquoi tant de cruauté ?", "pourquoi le monde (et Lisbonne en particulier) se referme sur lui-même au moment même où le monde s'agrandit vers l'ouest ?" ne trouve pas de réponse ni de conclusion. Bartolomé, qui pourtant éprouve des sentiments tout à fait contemporains et se rend compte de sa cruauté, le dit d'ailleurs à la fin : il refuse de s'interroger. C'est bien dommage.

Nombre d’étoiles : ★★☆☆☆
Ils ont dit de ce livre
  • Véronique Maurus - Le Monde du 7 mai 2010
    Christophe Colomb a sans doute inspiré autant de livres que la deuxième guerre mondiale, c'est dire !", note Erik Orsenna en présentant la bibliographie de L'Entreprise des Indes. C'est dire, oui, le défi relevé par l'académicien avec brio - et un léger biais. Car il se garde de marcher dans les travées encombrées de la biographie ou du récit de voyages. Le navigateur l'intéresse moins que les racines du génie - individuel et collectif - et la "fièvre du savoir" qui, à la fin du Moyen Age, a fait basculer l'Occident dans l'Histoire moderne. Ce bouillonnement de curiosité tous azimuts a permis les grandes découvertes - doublant la superficie du monde connu - puis la formidable aventure intellectuelle nommée Renaissance ; il est le vrai sujet de l'ouvrage...
    L'Histoire, la grande, reprend ses droits, sans insister - "l'histoire racontée se nourrit de la vérité plutôt qu'elle la respecte". Telle est la clé de ce grand roman de la curiosité, encyclopédique mais jamais pédant. Entre conte et confession, le récit charme, philosophe, s'égare dans les méandres de la mémoire avant de reprendre son fil, bref, vit. Point de bruit ni de fureur, mais une mélodie pénétrante, de celles que l'on garde en tête, sans même s'en apercevoir. A la fin, on a compris. Et on en demeure étonné, ravi de se sentir plus savant.


  • Emmanuel Hecht - L'Express du 17 mai 2010
    Comment Christophe Colomb a-t-il préparé le voyage de la Découverte, avec un "D", celle du Nouveau Monde ? Quel en a été le véritable prix ? En compromissions, en crimes ? Ces questions, Erik Orsenna, marin familier des antichambres du pouvoir, romancier amateur du grand large, ne peut que se les poser...
    Erik Orsenna évite le piège du didactisme. Son Entreprise des Indes est un récit sensible, peuplé de personnages tout droit sortis de la littérature picaresque, où l'aventure côtoie la métaphysique, la disputation la scène de rue, et la mesquinerie, la noblesse.


  • Bruno Frappat - La Croix du 26 mai 2010
    Qu'allait-il faire sur ses caravelles ? En s'embarquant, le 3 août 1492, en Espagne, pour rallier «les Indes» par «la route de l'ouest», Christophe Colomb poursuivait un rêve, une chimère, un ensemble de mensonges et de vérités. On sait aujourd'hui que les savants portugais, en lui refusant leur appui et celui de leur roi, quelques années plus tôt, avaient eu scientifiquement raison. Même si on peut aujourd'hui leur donner mythologiquement tort : ce ne sont pas les Indes qu'il découvrirait à l'ouest ! Il n'en démordrait pas. Il y avait en lui une espèce de folie. C'est sur les traces de cette folie - qu'on l'appelle rêve, mission de «prophète», ambition, curiosité poussée à l'extrême - qu'Erik Orsenna nous entraîne avec le talent de conteur et même de raconteur qui fait son immense et légitime popularité...
    Orsenna, à sa manière légère, enlevée, de jongleur des mots et des choses, fait de ces récits un parcours non dénué d'agréments, de drôlerie, de plaisanteries qui font rire (souvent jaune). Il ne juge pas. Il sautille sur l'océan de ces incertitudes, d'île en île, de mot en mot, de science en science, sans pédanterie mais avec une envie de découvrir et partager qui n'a d'égale que celle de Colomb. Avec, rassurez-vous, de moins funestes conséquences. Il n'empêche : on entre dans son livre en sifflotant, on en sort taraudé.


  • Philippe Lançon - Libération du 10 juin 2010
    Orsenna n'est ni un créateur, ni un styliste, mais c'est un conteur agréable et malin. Pour rendre son entreprise crédible, il la décentre de deux manières. Il ne pouvait choisir la voix de Colomb, puisque celui-ci a écrit. Et il ne pouvait choisir de raconter ses voyages, puisque tout le monde, à commencer par Colomb, l'a fait. L'Entreprise des Indes raconte donc, par la voix inconnue de Bartolomé, ce qui précède : la construction d'un rêve et d'une aventure par les livres et les cartes. Bartolomé est en effet cartographe. Tout ce qui revient à Lisbonne par les bateaux du Nouveau Monde, du rhinocéros au perroquet, doit être nommé, décrit, dessiné, imaginé. C'est le sujet du livre : la splendeur folle du monde déposée sur le papier, la manière dont il est dévoyé par le fanatisme et l'appétit humain. Ce qu'Orsenna fait le mieux n'est pas la morale, mais le récit : raconter l'arrivée d'un bateau et décharger ses cales, ses odeurs dans son livre. Il refait l'enfance méconnue des deux frères ? Il invente, détourne, brode ? Il fait comme les Colomb tels qu'il les aime et les imagine.

Pourquoi il faut lire ou ne pas lire ce livre :
A lire si vous souhaitez passer un agréable moment de distraction et apprendre de nombreuses anecdotes sur la vie quotidienne à la fin du XVème siècle à Lisbonne. Bref, ne pas être trop exigeant !

Vous avez aimé ou pas, souhaitez discuter de ce livre avec l'auteur de la fiche, ou donner quelques précisions? A vos claviers !

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